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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 18:37

La perruche splendide

 

- en latin : Neophema splendida

- en allemand : Glanzsittich

- en anglais : scarlet chested parrot

 

Classification : elle fait partie des Psittaciformes, embranchement des Psittacidae, genre Neophema. Dans la même famille, en élevage, on trouve la perruche Turquoisine, l’élégante et la Vénuste. En Australie, d’où sont originaires ces perruches, existent aussi deux espèces rares, la perruche pétrophile et la perruche ventre orange.

Les oiseaux que l’on trouve dans nos élevages sont inféodés depuis plusieurs décennies, l’Australie ayant interdit l’exportation depuis les années soixante.

En France, on utilise le terme euphèmes, pour le genre Neophema.

 

Description : elle mesure environ 20cm. Le mâle a le dessus du corps vert lumineux, la tête est bleue, plus foncée sur la gorge et les joues. Les côtés du cou et de la poitrine sont verts, le devant du cou et la poitrine sont rouges. Le reste du dessous du corps est jaune. Les couvertures alaires sont bleu pâle, le bord de l’aile est bleu foncé. Les rectrices centrales sont vertes, les rectrices latérales sont bleues, teintées de jaune. La bande sous alaire est absente. Le bec est noir grisâtre, les yeux sont bruns, les pattes gris brunâtre.

La femelle est plus pâle sur le front et la face. La couleur rouge est absente. Les lores sont bleus, ce qui permet de la différencier de la femelle turquoisine, chez qui cette partie de la tête est blanc jaunâtre. Par ailleurs, les femelles des deux espèces se ressemblent beaucoup, donc attention !

 

Habitat et mœurs à l’état sauvage : la perruche splendide vit dans l’intérieur du sud de l’Australie, dans des régions sèches. Elle est peu nombreuse, malgré sa grande aire de distribution. Elle fréquente les régions arides plantées d’eucalyptus et d’acacias, les massifs d’arbres et buissons épais poussant le long des crêtes rocailleuses, souvent loin des points d’eau. Elle y vit par couples ou petits groupes. Discrète, calme, elle passe la plupart de son temps sur le sol ou dans les petits buissons, à la recherche de nourriture. Celle-ci se compose de semences de graminées, en particulier de l’herbe spinifex (genre triodia).

La saison de reproduction dépend des conditions climatiques. Elle se situe généralement d’août à décembre, janvier. Le nid se trouve dans des cavités de grosses branches d’arbres bas. Le fond est tapissé de feuilles et autres matériaux. La femelle  pond de trois à  cinq œufs.

Deux ou trois mois après que les mâles aient quitté le nid, apparaissent les premières plumes rouges sur la poitrine. Les jeunes  ressemblent aux adultes trois mois plus tard. Cependant le bleu de la tête  et le rouge de la poitrine s’intensifient encore au cours de la deuxième année.

Une particularité est que des jeunes en plumage immature peuvent déjà reproduire au bout de six à huit mois, la reproduction étant liée à la saison des pluies, qui entraîne l’apparition des graminées.

 

Mœurs en captivité : la beauté de ces oiseaux fait que tout éleveur de becs crochus sera un jour tenté par l’acquisition d’un couple. Sa reproduction  assez aisée, son sexage facile, sont également des facteurs encourageants. Cependant, contrairement à la turquoisine, elle est sensible à nos climats. Le froid humide, en particulier par temps de brouillard, n’est pas apprécié. La plupart des éleveurs les logent au sec, dans un local non chauffé, ou alors couvrent toutes les parties extérieures, avec possibilité de regagner une volière intérieure.

Durant la période de repos, les couples reproducteurs peuvent être réunis.

En plus du mélange de graines de type aga-euphèmes, elle apprécie beaucoup les graines mi- mûres (plantain, armoise, maïs). Le mouron blanc, le pissenlit (fleurs et feuilles) sont également bienvenues, tout comme les baies (pyracantha, sorbier).

En général, la splendide effectue deux pontes successives. La ponte est  de 4 à 6 œufs, espacés à chaque fois de deux jours. Elle couve à partir du troisième œuf. Au bout de 18-20 jours, naissent les jeunes, recouverts d’un duvet blanc. Le baguage s’effectue vers dix jours (lorsque les jeunes commencent à ouvrir les yeux), en 4mm. Lorsqu’ils ne sont pas encore en couleur, ils stressent facilement. Il est donc prudent de ne les acheter que s’ils ont acquis le plumage adulte. Il peut arriver qu’un stress interrompe une mue. Certains éleveurs, pour gagner du temps, arrachent quelques plumes de poitrine. Celles-ci repoussent en six semaines, ce qui permet de sexer les jeunes. Pratique discutable…

 Vue de la pièce d'élevage. 
A droite, deux volières d'élevages, avec à chaque fois les reproducteurs et la deuxième couvée de jeunes 2008. A gauche, volière communautaire contenant trois splendides 2007, une femelle Bourke opaline, et la 1ère couvée de splendides 2008.


Expérience d’élevage :
en 2006, j’ai décidé de reprendre l’élevage des splendides, que j’avais déjà détenu quelques années auparavant. J’ai acheté 3 couples  de phénotype sauvage en septembre, chez trois éleveurs différents. Les femelles et les mâles ont été mis séparément, par sexe.

Les oiseaux ont été préparés à la reproduction. En plus du mélange, ils avaient à leur disposition du millet rouge en grappes, de la pomme, tous les deux jours de la pâtée à l’œuf, du tournesol germé, des baies de pyracantha (une fois par semaine). L’eau pour la boisson et le bain est à disposition et renouvelé tous les jours. Un complément vitaminé (Nekton S et E), leur a également été apporté.

Début décembre, le comportement des oiseaux m’éclaira sur leurs envies. Les mâles ont commencé à parader (écartement des ailes, lors du changement de perchoir, appels caractéristiques envers les femelles, mouvements d’humeur entre eux). Les femelles, quant à elles semblaient intéressées par ce remue-ménage.

J’ai donc accouplé les oiseaux mi-décembre, en évitant la consanguinité.

Chaque couple a été mis dans une volière. Celles-ci ont comme dimension la hauteur de la pièce d’élevage située à la cave, soit environ 2,20m, 1,20m de profondeur, et 0,80m de largeur. Deux perchoirs, un vers l’arrière, l’autre près de la face avant grillagée. Un plateau tournant, avec trois mangeoires y est fixé. Le nid est accroché à l’intérieur de la volière, avec une porte côté grillage, dans lequel j’ai pratiqué une découpe, pour les contrôles. Les dimensions  du nid sont de 30 cm de haut,  de 15x 15cm de surface de base. Un perchoir est fixé sous le trou d’envol qui est situé à un tiers de la hauteur, et a un diamètre de 6cm. A l’intérieur, j’ai agrafé du grillage, pour faciliter l’entrée de la femelle, et les sorties futures des jeunes. Le fond est garni de copeaux de hêtre broyé.

Les femelles, lorsqu’elles sont bien préparées, ne sont pas trop difficiles pour le choix du partenaire, et les couples se sont assez vite accordés.

 

Résultats :

1er couple :

Ponte le 22, 24, 26, 28, 30/12 - cinq œufs pondus, 4 fécondés, naissance prévue vers le 16/1/2007 – 3 jeunes sont nés, un œuf a été cassé par une mauvaise manipulation de ma part. Ils ont vite poussé, puisque bagués à 8jours. Le mâle est trop ardent, pousse les jeunes à  sortir rapidement du nid, et la femelle à démarrer une deuxième tournée.

 

2ème ponte : 14, 16, 18, 20, 22, 24/3 – six œufs, un seul œuf fécond ! Sans doute à cause du mâle…

Sur ces quatre jeunes, deux sont des oiseaux cinnamon, donc deux femelles, deux sont de phénotype sauvage, un mâle et une femelle.

Contrairement à l’affirmation de l’ancien propriétaire, le mâle reproducteur n’est pas pur, mais porteur de cinnamon…

Arrêt de la reproduction après la deuxième tournée.

 

2ème couple :

Ponte le 24, 26, 28, 30/12, 1/01/2007 – cinq œufs pondus, 5 fécondés,  naissance prévue vers le 16/1/2007 – quatre jeunes sont nés, ont été bagués les 24,25 et 27/1, soit entre 8 et 11 jours.  Un œuf n’a pas éclos. Les 4 jeunes ont grandi normalement.

 

2ème ponte : 8, 10, 12, 14, 16, 18/12 – six œufs pondus, 4 fécondés, 4 éclos, bagués les 12 et 13/3. De nouveau, les jeunes ont grandi sans problème. Ce couple donnait beaucoup d’alpiste.

Arrêt de la reproduction. Tous les jeunes sont de phénotype sauvage.

 

3ème couple :

Ponte les 14, 16, 18, 20, 22/02 – cinq œufs pondus, cinq œufs fécondés, éclosion prévue vers le 12/03 – quatre jeunes sont nés, un est mort dans l’œuf. Les jeunes ont été bagués les 22 et 24/3. Les jeunes ont grandi moins vite, le couple nourrissant beaucoup avec du millet en grappes.

 

2ème ponte : 30/3, 2, 4, 6/4 – quatre œufs pondus, 3 fécondés, trois éclos, deux le3/5, un le 5/5.

Les jeunes ont poussé plus vite, les parents se sont mis à l’alpiste…

Arrêt de la reproduction.

Surprise en automne. Un jeune qui avait une couleur différente des autres au nid, devient bleu aqua ! C’est une femelle. Les deux adultes sont donc forcément porteurs de bleu (mutation récessive).

Un autre oiseau développe des plumes jaunes sur les ailes. C’est un mâle panaché (mutation dominante). Un des parents doit l’être… pour voir cela, il suffit qu’il ait une plume jaune ailleurs que sur le ventre, ou un bout d’ongle  blanc…

Ne croyez donc pas forcément un éleveur lorsqu’il vous dit que ses oiseaux sont purs !

Phénotype et génotype sont deux notions différentes et le génotype ne se voit pas !

 

Conclusion :

- avec trois couples d’élevage, 19 jeunes sur deux tournées. Honorable…

- en préparant correctement les adultes, les oiseaux se reproduisent sans problème, sans doute plus facilement en petite volière qu’en batterie.

-Il faut arrêter de donner des graines germées dès la ponte du premier œuf, et reprendre après la naissance des jeunes, sinon le mâle va s’en gaver, et perturber le bon déroulement de la reproduction, car il sera trop excité.

- Les femelles sont très assidues lors de la couvaison. Il faut les lever pour contrôler les œufs.

- Les œufs sont pondus tous les deux jours, la couvaison démarre en général au troisième œuf.

- Les jeunes sont bagués entre 8 et dix jours, quittent le nid 35 jours environ après la naissance, et sont sevrés deux semaines plus tard.

 

Mutations :

Il existe beaucoup de mutations chez la perruche splendide. Les plus courantes sont la série bleue (bleu de mer, bleu pastel, bleu poitrine blanche), cinnamon, isabelle, panaché, ventre rouge. Il vaut mieux connaître les règles de l’hérédité si l’on si intéresse, surtout si l’on veut en plus combiner ces mutations !  Aucune mutation, cependant, ne dépasse en beauté la couleur sauvage.

 

Concours :

Un bel oiseau, bien en couleur, avec une séparation nette du rouge et du jaune, sera sur le podium sans problème. Le standard est précis et insiste bien sur les points importants. Cependant, rares sont les oiseaux de l’année qui ont complètement terminé leur mue au moment des concours ; d’ailleurs, ils seront davantage en couleur l’année suivante. Tenez-en compte, et gardez les meilleurs !

 

 

 

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Published by dan - dans oiseaux
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